René-François SULLY PRUDHOMME « Pensée perdue »

René-François SULLY PRUDHOMME

Стихотворение французского поэта, первого лауреата Нобелевской премии по литературе Сюлли Прюдома (настоящее имя Рене Франсуа Арман Прюдом) на французском языке с переводом на русский язык. Pensée perdue Elle est si douce, la pensée, Qu’il faut, pour en sentir l’attrait, D’une vision commencée S’éveiller tout à coup distrait. Le coeur dépouillé la réclame ; Il ne la fait point revenir, Et cependant elle est dans l’âme, Et l’on mourrait pour la finir. A quoi pensais-je tout à l’heure ? A quel beau songe évanoui Dois-je les larmes que je pleure ? Il m’a laissé tout ébloui. Et ce bonheur d’une seconde, … Читать далее →

SULLY PRUDHOMME «Les yeux»

акварельный портрет

Les yeux                   À Francisque GERBAULT Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux Et le soleil se lève encore. Les nuits plus douces que les jours Ont enchanté des yeux sans nombre ; Les étoiles brillent toujours Et les yeux se sont remplis d’ombre. Oh ! qu’ils aient perdu le regard, Non, non, cela n’est pas possible ! Ils se sont tournés quelque part Vers ce qu’on nomme l’invisible ; Et comme les astres penchants, Nous quittent, mais au ciel demeurent, Les prunelles ont leurs couchants, Mais … Читать далее →

Si j’étais Dieu… — Когда б я Богом стал…

Сюлли Прюдом

Si j’étais Dieu… Si j’étais Dieu, la mort serait sans proie, Les hommes seraient bons, j’abolirais l’adieu, Et nous ne verserions que des larmes de joie, Si j’étais Dieu. Si j’étais Dieu, de beaux fruits sans écorces Mûriraient, le travail ne serait plus qu’un jeu, Car nous n’agirions plus que pour sentir nos forces, Si j’étais Dieu. Si j’étais Dieu, pour toi, celle que j’aime, Je déploierais un ciel toujours frais, toujours bleu, Mais je te laisserais, ô mon ange, la même, Si j’étais Dieu. SULLY PRUDHOMME (1839-1907) Когда б я Богом стал… Когда б я Богом стал, земля Эдемом … Читать далее →

Sully Prudhomme «Le vase brisé»

Сюлли Прюдом

Le vase brisé Le vase où meurt cette verveine, D’un coup d’eventail fut fêlé. Ce coup dut l’effleurer à peine: Aucun bruit ne l’a révélé — Mais la légère meurtrissure, Mordant le crystal chaque jour, D’une marche invisible et sûre En a fait lentement le tour. Son eau fraîche a fui goutte à goutte, Le suc des fleurs s’est épuisé. Personne encore ne s’en doute… N’y touchez pas, il est brisé! Souvent aussi la main qu’on aime, Effleurant le coeur le meurtrit; Puis le coeur se fend de lui-même, La fleur de cet amour périt. Toujours intact aux yeux du … Читать далее →