ГлавнаяПараллели-ru-frСтихи русских поэтов на французском языкеА. Блок «Девушка пела в церковном хоре…» на французском языке

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Девушка пела в церковном хоре
О всех усталых в чужом краю,
О всех кораблях, ушедших в море,
О всех, забывших радость свою.

Так пел ее голос, летящий в купол,
И луч сиял на белом плече,
И каждый из мрака смотрел и слушал,
Как белое платье пело в луче.

И всем казалось, что радость будет,
Что в тихой заводи все корабли,
Что на чужбине усталые люди
Светлую жизнь себе обрели.

И голос был сладок, и луч был тонок,
И только высоко, у Царских Врат,
Причастный Тайнам,- плакал ребенок
О том, что никто не придет назад.

1905
Александр Блок (1880-1921)

* * *

La jeune fille chantait dans le choeur de l’église
Pour tous les fatigués dans un lointain pays,
Pour tous les bateaux partis en mer,
Pour tous ceux qui ont oublié la joie.

Ainsi chantait sa voix, s’envolant vers les voûtes,
Ét un rayon de lumière sur son épaule dansait,
Et chacun la regardait émerger des ténèbres,
Ecoutait chanter sa robe blanche dans la nuit.

Et tous croyaient que la joie allait revenir,
Que les bateaux avaient un havre sûr atteint,
Qu’en pays étranger, les hommes las et seuls,
Une vie claire et sereine avaient enfin trouvée.

Et douce était la voix, brillant le rayon de lumière,
Et seul, là-haut, près de la Porte sacrée,
Pleurait l’enfant participant aux Mystères,
Pleurait parce que personne ne reviendrait jamais !

Août 1905
Alexandre Blok

Девушка в белом платье в церкви

* * *

Dans le choeur de l’église, une fille chantait
Tous les harassés en des terres lointaines,
Tous les navires en allés sur la mer,
Et tous ceux qui ont oublié leur joie.

Ainsi s’envolait sa voix sous la voûte,
Un rayon scintillait sur son épaule blanche,
Et chacun, dans le noir, écoutait, regardait
La robe blanche dans le rayon qui chantait.

Et l’on crut alors que la joie s’annonçait,
Que tous les navires dans les anses paisibles,
Que tous les harassés des terres lointaines
Retrouveraient enfin une vie de lumière.

Et sa voix était douce, et le rayon si fin,
Et seul, tout là-haut, près de la Sainte Porte,
Aux Mystères Initié — un enfant pleurait,
Parce que personne jamais ne revient.

Alexandre Blok
L’HORIZON EST EN FEU, Cinq poètes russes du XXe siècle, Editions Gallimard, 2005

Звукозапись стихотворения на русском языке. Читает Виктор Татарский.

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